TABITHA KING ET LE SEXE

Préalable.

Steve a connu Tabitha à l'Université du Maine durant l'été 1970 alors qu'il terminait ses études. Tabitha a encore une année à effectuer. Steve vit de petits boulots. Le mariage de Steve et Tabby eut lieu le 2 janvier 1971. Ils ont eu trois enfants, Naomi, Joe et Owen.

Steve et Tabitha se comprennent bien intellectuellement. Tabitha, qui a quelque talent, a été évincée des cours de poésie de Burton Hathlen, quand elle était à la fac du Maine avec Stephen, mais cela ne l'a pas dissuadée d'écrire. D'ailleurs, dès que ses enfants seront élevés, elle se consacrera elle aussi à l'écriture1.
Steve, comme dans d'autres domaines, fait confiance au jugement de Tabitha: "
Elle est capable de lui donner une appréciation fondée sur une oeuvre. Elle ne mâche pas ses mots. Parce qu'elle se préoccupe de lui, elle dit la vérité et ne le ménage pas. Pour moi, c'est sa qualité la plus sympathique."2 C'est Tabitha qui a ramassé, fin 1972, le tapuscrit de Carrie, jeté à la poubelle dans un moment de colère par un King écoeuré par ses échecs Elle l'incitera à l'envoyer à l'éditeur Doubleday: "Ma considération distinguée», ironise King, «était ce qu'avait écrit le plus grand perdant de tous les temps.»" (SKS, 79)

Tabitha a toujours soutenu Steve, et son comportement, lors de son accident, a été exemplaire.

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Tabitha dans sa trentaine.

Comparer Tabitha à Steve est d'autant plus facile qu'elle a, comme lui habituellement, limité le champ d'action de ses oeuvres à un petit coin du Maine, un monde clos, avec ses habitants souvent mesquins, au courant de tout, son restaurant et son bar nocturne, son centre commercial et même son lac! Univers familier à tous deux qui facilitent les rapprochements.
Tabitha n'est pas bégueule. Elle aussi évoque longuement le sexe, et on pourrait pratiquement reprendre le plan de ce livre et y ajouter les paragraphes la concernant. Mais il y aurait moins de matière -elle a bien moins écrit que Steve- et les développements concernant le sexe sont succincts bien qu'étant souvent répétitifs. Les notations sont nombreuses, qui vont, comme chez Steve, du "
support à journaux lourdement chargé de magazines à dominante rose chair" à la fille sexy aux "rondeurs de presse spécialisée" et divers développements sur ses seins (thème qui revient comme les jambes chez Steve!). de la femme "qui gémit de plaisir dans son bain" à la bibliothécaire qui propose une fellation sur le bord d'une table. (TCh, 43) Le priapisme, les lesbiennes, les menstruations (certaines situations que l'on ne trouve pas chez Steve, comme l'amour pendant les règles), l'avortement. Les préjugés aussi: "Les danseurs, tous des pédérastes" (TCh, 116), elle-même proposant un personnage principal poète qui est bisexuel...
Apparaissent évidemment des thèmes rencontrés chez son mari. Ainsi le comportement du prêcheur séducteur, évoqué par Steve dans Les
Tommyknockers, mais qui prend dans Chaleurs

et L'Histoire de Reuben une importance notable, avec des commentaires déjà rencontrés chez Steve: "La femme de Reuben l'a quitté pour un prêcheur fondamentaliste. Cela s'est passé il y a cinq ans, juste avant la puberté de Karen. Laissez-moi vous dire que ce fut un drôle de désastre. Karen ne s'est jamais remise et Reuben semble complètement déboussolé. (...) Tous ces prêcheurs devraient imaginer autre chose que le péché originel pour alimenter leurs sermons, ne croyez-vous pas? Ils semblent tous obsédés par la sexualité. Ils ne tarissent pas sur le sujet. cependant, quand il s'agit de percevoir des fonds, ils ne cherchent pas à savoir d'où vient l'argent.". (TCh, 39)

Si les scènes de sexe sont presque toujours succinctes, il y en a beaucoup!.On fait l'amour souvent, dans la voiture, sur un divan, dans un lit, sur la plage, dans le jardin... Et les aventures des héroïnes nombreuses, vues dans des perspectives typiquement féminines. Certaines sont particulières. Dans
Traquée,

Liv et son fils sont séquestrés l'hiver par trois voyous dans une maison isolée, et Liv évidemment violée. Mais alors que les viols sont ordinairement subis par les femmes, Liv, pour protéger son fils de sévices éventuels, et abréger son affaire, participe à sa façon: "«Espèce de salaud, pensa-t-elle. Tu l'auras voulu.»
Elle contracta les muscles de son vagin et le sentit aussitôt hésiter. Elle recommença, il s'interrompit.
- Tu le fais exprès ou quoi?
(...) Je ne suis pas sûr d'aimer ça, grogna-t-il.
Mais il ne lui dit pas non plus de cesser et elle continua à lui imprimer un mouvement de succion qui, réalisa-t-elle en osant un oeil, le mettait à l'agonie. Pour un peu, elle aurait éclaté de rire. Aucune des pochardes et des gamines qu'il avait séduites ou terrorisées ne lui avait fait le moins du monde soupçonner ce qu'il était vraiment. Elle sentit sa propre terreur descendre d'un cran. Inutile de le «baiser à mort», il suffirait de l'humilier. À présent qu'elle était consciente de son pouvoir, elle le conduisit d'abord lentement, puis à un rythme plus rapide, sans lui laisser un instant de répit, à un orgasme inattendu, violent, total."
(14)

Cette scène est significative d'un double choix de la part de Tabitha. Personnel d'abord: elle est pudique sur le sexe, plus clinique que complaisamment descriptive. Idéologique ensuite: l'amour, c'est la guerre des sexes. Les femmes n'ont pas à subir la loi des mâles et à s'y soumettre. C'est d'ailleurs moins la volonté qui les conduit que le souci de suivre leur pente, et de réaliser, même contradictoirement, leurs désirs du moment. Dans
Chaleurs, Pearl est séduite par deux hommes, très dissemblables.

Elle couche avec David. Cinq lignes: "Le voile léger de la moustiquaire semblait suffire à préserver leur intimité. Comme dématérialisés, ils n'étaient plus que sensations. Puis la violence et l'intensité de son orgasme la frappèrent de stupeur." C'est tout pour la scène de sexe. (8.6) Rentrée chez elle, elle rencontre un peu plus tard Reuben, qui lui a apporté des fraises. Les choses s'enchaînent: "Il la tint un instant contre lui, puis ils roulèrent ensemble sur le sofa. Les fraises s'écrasèrent sur la couverture et contre sa chemise de nuit, embellissant la nuit de leurs derniers parfums.
Quelle différence cela faisait-il qu'elle n'avait pris aucune disposition contraceptive? Parmi le tumulte de ses émotions, Pearl l'écervelée se voulut sarcastique. «Jette donc un foulard rouge sur ta lampe de chevet, Messaline, et fais donc ton prix. Après tout, qui s'inquiète de savoir si tu es une folle hystérique ou une vieille fille desséchée?»
Elle était totalement ouverte à l'homme, et une douce moiteur lui recouvrait le corps. Si ce n'avait pas été leur première étreinte et sans l'état de légère ébriété où il se trouvait, il aurait probablement été surpris de la précipitation, de la violence de sa réaction. (...) Elle qui se croyait épuisée réalisait à présent que cette grande fatigue participait à son plaisir. elle s'y abandonna avec ferveur, inexplicablement soumise à l'homme, à l'amour et à cette chaude nuit d'été."
(8.7) La scène est plus longue que la précédente, à cause des réflexions de Pearl. Mais tout aussi peu complaisante dans l'érotisme. Par contre elle manifeste de manière éclatante le droit féminin affirmé par Tabitha de ne pas se laisser lier par les convenances sociales.

On ne trouve pas donc pas chez Tabitha de passages graveleux. Elle considère le sexe avec naturel et sans faux-fuyants, avec simplicité, sans éprouver le besoin d'en rajouter, sans trivialité. Avec parfois des surprises, quand par exemple Pearl se fait entreprendre par Reuben sur la plage: "Vas-y, rame, murmura-t-elle." (12.7) Les rapports entre les personnages sont directs. Ainsi la serveuse du restaurant, à sa patronne, à propos du poète: "Mais dites-moi? Qu'est-ce qui se passe, entre vous deux? Est-ce que vous allez devenir amants?" On y rencontre bien sûr des éléments qui font davantage partie de la féminité et ignorés par Steve, qui n'évoque qu'en passant la méthode Ogino et la pilule. Avec Tabitha on a droit par contre à des descriptions spécifiques. Par exemple, à la pharmacie, Pearl, trente-cinq ans: "Elle mit dans son panier une boîte de bicarbonate de soude en prévision du long bain qu'elle avait prévu, un pot de vaseline, une mousse contraceptive en atomiseur, un tube de désinfectant pour le diaphragme quelle comptait déballer aussitôt rentrée chez elle et porter en permanence jusqu'à la fin de ses jours, sans oublier, dans l'éventualité où Dieu lui pardonnerait ses folies de la veille, une boîte de serviettes hygiéniques. Finalement, ôtant ses lunettes, elle regarda furtivement à droite et à gauche. Personne en vue. Elle s'empara promptement de plusieurs boîtes de préservatifs." Suivent des observations sur les réactions pudibondes de certaines habitantes du Maine: "Alors qu'elle posait son panier sur le comptoir près de la caisse enregistreuse, la caissière se mit brusquement à renifler. Pearl leva les yeux sur le visage émacié d'une femme entre deux âges qui portait ses lunettes attachées à un cordon de crainte de les perdre, sans doute. En identifiant les différents produits, elle eut un mouvement de recul, comme si on avait déversé un tas d'immondices sur son comptoir. (...) La caissière s'empressa de taper la facture de Pearl en jetant d'un geste vif les répugnants produits dans un grand sac." (9.3) Il faut d'ailleurs noter incidemment, à propos de ce passage, que Tabitha glisse dans sa description des critiques aussi significatives que celle de Steve sur l'étroitesse d'esprit des habitants des petites villes du Maine. Il y a, par opposition, chez Tabitha un côté ménagère du sexe, et ses amants parlent tranquillement de diaphragme, de préservatif et des précautions à prendre. Et quand Liv vient à bout de son violeur, elle le vide "un peu comme un tube dentifrice que l'on presse une dernière fois avant de le jeter."...L'objet n'est pas nécessairement la femme violée...

Manquent chez Tabitha -par rapport à Steve- la sexualité enfantine, la conjugalité tranquille -peu évoquée par Tabitha alors qu'elle intervient constamment chez Steve-, les relations entre les personnes âgées, la grande curiosité de Steve à l'égard du sexe dans sa diversité individuelle et sociale. Il y a beaucoup de ménages séparés dans les romans de Tabitha, et ses personnages n'éprouvent pas à l'égard du divorce l'attitude réprobative de la plupart des personnages de King. Contrairement à Steve, elle n'a pas hésité à prendre comme personnage principal dans Chaleurs une métisse à la peau sombre, issue d'une blanche et d'un noir3, personnage rencontré rarement dans les campagnes du Maine. Mais où les différences sont éclatantes, c'est dans le traitement des sentiments. Il y a peu d'états d'âme proprement sentimentaux chez Steve, proportionnellement à la longueur de la plupart de ses oeuvres. Par contre, les romans de Tabitha, des thrillers sentimentaux, sont consacrés exclusivement aux échanges amoureux entre hommes et femmes, et pratiquement l'histoire se résume à des affaires de coeur. L'action est peu développée et tout se passe au niveau du jeu des sentiments. Ainsi Pearl, qui a compris qu'elle "ne serait pas une de ces femmes vertueuses, qui se contente de faire des enfants et de payer leurs impôts, sagement installées de neuf à cinq dans leur petit emploi. Elle serait une... rebelle. Quelqu'un qui voit par delà l'hypocrisie et le vernis des conventions." (TCh, 210) Pearl ne sait pas choisir entre deux hommes, un garagiste et un poète, David. Les événements l'emportent, sans résoudre son problème. Elle couche avec David, alors qu'elle a appris qu'il est bisexuel, autant attiré par les hommes que par les femmes. Quelques heures après, elle couche avec Reuben. La même série de deux se présente plusieurs fois, indépendamment des coucheries isolées. Ces échanges amoureux et la faiblesse indécise de Pearl forment l'essentiel du roman.

Le cas du second personnage féminin n'est guère différent. Karen, serveuse, seize ans, bombe sexuelle, vit dans le désir des hommes, passe ses nuits en coucheries, se trouve enceinte -ce sera aussi le sort de Pearl-, se fait avorter. Finalement l'érotisme n'est pas dans les descriptions, mais dans le climat. Les personnages sont constamment impliqués, parfois malgré eux, dans les entrelacs compliqués de l'amour et du hasard. L'intellectualité est très réduite par rapport aux romans de Steve. Jeux du sentiment, toujours renouvelés: "
En substance, il était apparu à Pearl que la mort, l'oubli ou la rancoeur ne pouvaient jamais totalement annihiler l'amour, mais seulement le transformer. Rien de plus." (189) Un aveu de romantique, l'idée que l'amour est indéterminé et indéterminable.

Encore que leur travail soit ainsi très différent l'un de l'autre, il est inévitable que deux romanciers, vivant et travaillant
4 ensemble,soient en osmose partielle. Steve est introverti, sur la réserve, n'exprime pas volontiers ses sentiments profonds, se masque en public. Cette pudeur dans l'affichage des sentiments explique la réserve sentimentale de Steve dans ses romans. Tabitha est plus directe, s'affiche davantage. Elle possède ce dont la plupart des écrivains masculins sont dépourvus, et notamment Steve: une certaine dimension humaine liée à la romance et à la tendresse. Une partie de la sentimentalité de Tabitha se transfuserait-t-elle à Steve? Dans cette perspective, on comprend mieux les confidences de la Postface de Magie et Cristal: "Je savais qu'écrire Magie et Cristal signifiait rEvenir sur la jeunesse de Roland et retracer sa première histoire d'amour. et cela me causait une peur bleue. Si le suspense m'est relativement facile, le roman d'amour me crée des difficultés. en conséquence de quoi, j'ai lambiné, temporisé, remis au lendemain. (...) Mais j'ai tout oublié de l'amour romantique et de sa sincérité, me disais-je. Je sais tout du mariage et de la maturité de l'amour mais, à quarante-huit ans, on a une fâcheuse tendance à ne pas se souvenir de la passion et de la flamme de ses dix-sept.(...)
Mais, par-dessus tout, mes mercis vont à ma femme qui m'a soutenu dans cette folie furieuse du mieux qu'elle a pu et m'a aidé pour ce livre d'une façon qu'elle ne soupçonne même pas. Au cours d'une période noire, elle m'a fait cadeau d'une drôle de figurine en caoutchouc qui m'a rendu le sourire. Celle de Rocket J. Squirrell, affublé de son casque d'aviateur bleu et les bras vaillamment ouverts. J'ai posé la figurine sur mon manuscrit qui ne cessait de grossir (encore et encore) en espérant qu'un peu de l'amour ayant inspiré son offre viendrait féconder mon travail."

On peut considérer que l'histoire de Roland et Susan est bien la plus sentimentale de toutes celles qu'il a écrites
5, sorte de synthèse entre une affectivité plus disponible et l'intellectualité métaphysique, entre l'étreinte et le ka: "Comme il la serrait de plus près, semant des chapelets de baisers dans son cou, elle sentit la dureté de pierre qui affectait sa personne au-dessous de la boucle de sa ceinture, en parfaite harmonie avec le creuset en fusion, situé exactement à la même place chez elle; les deux endroits-là étaient faits l'un pour l'autre, comme elle pour lui et lui pour elle. C'était le ka après tout -le ka,venu comme le vent et elle se laisserait volontiers emporter, abandonnant honneur et promesses derrière elle." (303). Une place importante était déjà donnée au sentiment dans Insomnie et La Ligne Verte. Elle se retrouve dans Sac d'Os, mais plus modeste.

Chacun des époux met ainsi en musique sa partition concernant le sexe. Alors que Steve est extrêmement contrasté, utilisant cuivres et timbales fortissimo, aussi bien que la petite flûte pianissimo,Tabitha joue sa partition constamment en sourdine, sans oppositions majeures, en jouant juste, sans effets. Elle a, comme Steve, un vif sentiment de l'humain, mais exprimé avec une simple compréhension, sans éclats. Steve a besoin de clamer les différences, en forçant souvent la note, le trait. Quand il tombe juste, le résultat est remarquable6. Mais il y a des fausses notes: les effets sont perdus

Tabitha n'a pas ces errances, son ton est toujours égal et retenu. Sa compréhension de l'humain et son rendu sont contrôlés, presque intellectualisés. Ce qui l'intéresse, c'est l'humain que nous portons en nous, et ses aspects négatifs sont évoqués sans diabolisation. Steve est intéressé aussi par l'humain, mais l'écrivain voit tout le parti qu'il peut en tirer sur le plan de la dynamique, forçant le trait, dégageant des flamboyances comme des platitudes. Tabitha est un bon écrivain, qui parle du sexe, avec une plus grande audace que Steve, mais de manière étouffée. Steve l'inhibé peut être aussi bien sublime que rater complètement ses effets.
Tabitha est une femme-écrivain. Steve est un écrivain-homme.

Tabitha a été élevée, comme Steve, dans «l'esprit pionnier américain» des années cinquante. Les USA étaient la plus forte nation du monde, les jeunes Américains se devaient d'être forts. On leur demandait de changer le monde, de bâtir de belles carrières professionnelles. À tous aussi, mais aux filles plus particulièrement, de réussir des mariages solides, d'élEver de bons enfants. Tout en cultivant le sens de l'humour
7. Tabitha a été bonne élève et a respecté le contrat.
Il est probable que si on demandait à Steve de définir le modèle de femme qui lui agrée, il choisirait une Tabitha. Mais certainement pas une des héroïnes de sa femme, avec leurs complications et leur imprévisibilité. Avec en prime, pour lui qui se laisse aller à l'inspiration du moment, dans un certain goût du désordre, la présence rassurante de la femme organisée, méthodique, rangée, qui lui assure la stabilité.

 

Notes :

 1 Depuis 1981, elle a publié, outre des essais, 7 romans, dont 4 ont été traduits en français chez Flammarion: Traquée, 1985; Chaleurs, 1988; Contacts, 1993; L'Histoire de Reuben, 1994. Le dernier roman paru de Tabitha est Passion Fatale (Survivor), 1998.

2 Selon Christopher Chesley, qui le connaît depuis leur adolescence commune et qui a autopublié en même temps que lui leurs premières créations à l'âge de 16 ans, voir Beahm (SKS, 78).

3 Les amateurs de relations croisées en trouveront chez Tabitha; par exemple est cité plusieurs fois par Pearl le noir Dick Halloran, cuisinier dont elle aurait été l'élEve (Le Talisman, Ça)

4 Il est amusant de constater que si, on l'a vu, King a consacré de nombreux remerciements ou dédicaces à Tabitha, celle-ci lui renvoie sans difficulté l'ascenseur: "sans oublier mon mari Stephen, pour ses conseils éditoriaux" (TCh); "Stephen, Naomi, Joe Hill, Leonora, Owen et Shane m'ont également apporté un appréciable soutien." (TRe)

5 Quand Steve est interrogé à ce sujet, il proteste: "«Lisez L'Accident, c'est une histoire d'amour, c'est l'histoire de Johnny Smith et de Sarah, de comment il la perd et comment il la retrouve.» Et c'est plutôt mignon: on retrouve cet aspect des choses dans Sac d'os.", propos cité par Elton DeBiani, Ténèbres, #4, octobre-décembre 1998, 18.

6 Pour rester dans le ton, Gustav Mahler est le musicien qui lui ressemble le plus.

7 C'est probablement parce qu'elle est elle-même un bon produit de cette génération qu'Hillary Clinton (qui a l'âge de Tabitha) rencontre tant de popularité chez les Américaines.

Steve et Tabitha , décembre 1999

ce texte a été publié dans ma Revue trimestrielle

 différentes saisons

saison # 5 - hiver 1999.

Le livre est paru en janvier 2000. Si vous êtes intéressé, commandez le livre chez votre libraire en lui communiquant éventuellement les références de la maison d'édition:

éditions Naturellement ,1, place Henri Barbusse, 69700 GIVORS,

E-mail:Alain Pelosato pelosato@altavista.fr

.http://www.sfmag.org .et.http://www.sfmag.net

PRÉSENTATION

PRÉFACE

INTRODUCTION

TABLE DES MATIÈRES

 

EXTRAITS

TABITHA KING ET LE SEXE. : extrait de Stephen King et le sexe.

Comparer Tabitha à Steve est d'autant plus facile qu'elle a, comme lui habituellement, limité le champ d'action de ses oeuvres à un petit coin du Maine, un monde clos, avec ses habitants souvent mesquins, au courant de tout, son restaurant et son bar nocturne, son centre commercial et même son lac! Univers familier à tous deux qui facilitent les rapprochements. Il y a peu d'états d'âme proprement sentimentaux chez Steve, proportionnellement à la longueur de la plupart de ses oeuvres. Par contre, les romans de Tabitha, des thrillers sentimentaux, sont consacrés exclusivement aux échanges amoureux entre hommes et femmes, et pratiquement l'histoire se résume à des affaires de coeur.

ÊTRES FANTASTIQUES ET SEXE .. .

La diversité sexuelle est une des caractéristiques des êtres fantastiques. Les lois littéraires du genre donnent à chacun ses aspects sexuels propres, qui ne sont transgressés qu'occasionnellement. Les entités venues d'ailleurs, les vampires, les morts-vivants s'en donnent à coeur joie. La sexualité est également liée à des lieux ou des objets qui ont, liés à divers pouvoirs, ont une charge sexuelle importante.

Textes proches :

KING TRIVIAL, 1ère partie. 128 Ko

Dans toute culture, il y a des choses «répugnantes» qui ne se font pas: elles sont interdites. On n'en parle que négativement, pour rappeler les commandements et stigmatiser les errements. Quand on ose les évoquer ou en parler positivement, c'est clandestinement, dans le secret du Necronomicon., avec le risque du bûcher. Il y a aussi les choses qui se font -et même très couramment-, mais dont on ne parle pas. On n'en parle pas parce qu'elles sont déconsidérées, jugées vulgaires, inconvenantes ou «répugnantes». King, comme bien d'autres, n'a pas échappé aux condamnations pour trivialité ou obscénité: il a été vilipendé par les bien-pensants, interdit dans certaines écoles, menacé par un projet de loi contre l'obscénité. D'où la tentation, le recul du temps aidant, et l'¤uvre de King s'étalant maintenant sur une durée raisonnable, de faire le point. Cette étude ne portera que sur le trivial concernant les fonctions organiques autres que la sexualité. Je viens de terminer un livre sur King et le sexe, actuellement proposé aux éditeurs.

KING TRIVIAL 2émepartie. 119Ko

Les conclusions de la première partie de cette étude mettaient en évidence que les notations triviales de King sont de deux ordres. Les unes appartiennent à l'expression spontanée des enfants, des adolescents ou de diverses catégories d'adultes en situation et ont leur justification dans un désir de dépeindre aussi exactement que possible une réalité existante. Mais les autres dépassent les exigences de la seule description: elles sont l'expression de caractéristiques personnelles et la traduction du King profond qui vit masqué. Ce sont ces deux aspects que nous allons étudier successivement, en chaussant nos "bottes d'égoutier" sans éviter le terrain "un peu bourbeux".Il lui a fallu trouver un équilibre entre toutes ces influences et il y est parvenu par l'écriture, soumise à l'opposition entre son côté naturel dionysiaque et des influences éducatives apolliniennes. Cet équilibre instable fait que d'une ¤uvre l'autre, suivant que le contrôle l'emporte sur les pulsions, le trivial occupe une place plus ou moins importante, pour cet écrivain populaire capable d'écrire dans tous les registres.

 

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